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A Fleur de Mots

A Fleur de Mots

Littérature

L'ATTENTE (Extrait 11)

Il avait vécu ses premières années à Meyreuil, au lieu-dit du Pont des trois Sautets. L'endroit tenait son nom des trois petits sauts qu'il fallait faire sur trois pierres installées pour enjamber la rivière avant l'édification du pont. Bien que l'endroit fut éloigné de la Sainte-Victoire, ses jeux d’enfants étaient tout aussi exaltants, l’Arc coulant en contrebas de la maison familiale. Il pouvait rester des heures à regarder l’eau glisser sur les pierres lissées par tant et tant de passages de la rivière qui n’en finissait pas de galoper en chantant. Et dans cette transparence, tout un monde s’offrait à ses yeux. Les roches devenaient montagnes, les courants prenaient allures de cascades et les goujons devenaient barracudas ou dauphins, selon l’histoire qu’il s’inventait. Il y avait tant à faire au bord de l’eau. L’année qui avait précédé le décès de son père, celui-ci lui avait appris à confectionner un moulin à eau. Ferdinand le Bel s’en souvient comme si c’était hier. Ensemble, ils avaient ramassé sur la berge des petites branches fines bien droites, des tiges de roseau et des joncs. Les branches avaient servi à la structure du moulin, le roseau fut utilisé pour les pales de la roue et le jonc fit office de ficelle pour assembler le tout. Ensuite, il avait fallu détourner le cours de l’eau, le temps d’installer le moulin. Pour cela, ils avaient construit un barrage, rassemblant des cailloux de diverses tailles afin de retenir le flux impatient de continuer sa course. Puis était venu l'instant magique où l'eau fut libérée, entraînant le mouvement des pales et émerveillant le regard de l'enfant.

 

A suivre...

 

KinouKachou Février 2016

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