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A Fleur de Mots

A Fleur de Mots

Littérature

L'ATTENTE (Extrait 12)

Il avait pris grand soin de ce moulin à eau. Ce n’était pas comme de nos jours où, bien souvent, l’intérêt d’un jouet se mesure à une poignée de pièces ou une liasse de billets. Son jouet à lui avait une valeur autre, bien plus grande. Et c’était même plus qu’un jouet. C’était une leçon d’adresse, d’observation et de réflexion. Cet objet avait le prix du partage et de l’amour. En songeant à ces moments-là, Ferdinand le Bel fut surpris de la bouffée d’émotion dont il fut envahi. Un sentiment mêlé de bonheur et de tristesse… Ce père qu’il avait connu si peu de temps (qu’est-ce huit années dans une vie ?) était inscrit au plus profond de lui comme une marque indélébile, et cela, grâce à cette construction. Ne parle-t-on pas de la mémoire de l’eau ? Sans aucun doute, la rivière avait gardé en mémoire ces instants de partage, car durant des années, lorsque Ferdinand le Bel s’y abreuvait, le souvenir de son père lui revenait plus puissant et l’image du moulin (qui finit par rendre l’âme un jour lui aussi) s’imposait si fort en lui qu’il lui semblait le voir parmi le dédale de l’eau à travers les roches. C’est sans doute pour cela que l’eau prit une place particulière dans sa vie. L’eau l’avait toujours apaisé, rassuré. Tout comme cette goutte dont il avait suivi le cheminement sur la vitre un jour de pluie ; elle semblait être là pour tempérer cette impatience qui lui avait taraudé l’esprit. La puissance et la légèreté de l’eau…

A suivre...

 

KinouKachou Février 2017

 

 

 

 

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